Nous sommes libres - écrivons les règles du jeu nous même !

Pourquoi adopter le cadre des autres ? Pourquoi ne pas construire un cadre qui est celui de La Fabrique Démocratique puisque chaque école est spécifique. Démarrons avec la minimum, tirons les leçons de l’expérience pour rester libre, ne mettons dans la règle du jeu de notre CE que ce qui est nécessaire au moment présent.

Attention danger, il y a un enfant dans l'entreprise !

danger.jpg

Dans tout problème, il y a une opportunité ! La grève d'hier m'a offert celle de réaliser un bout de mon rêve : décloisonner l'école de l'entreprise (et réciproquement). Plus largement, décloisonner le monde des adultes de celui des enfants.

J'ai à nouveau pu observer avec joie les bénéfices immédiats de cette mixité, pour l'enfant, comme pour l'adulte, en quelques exemples, et (parfois) sans aucun sérieux. 
Pour Sam, 4 ans:
- Comprendre comment on décharge un camion avec une grue télescopique ;
- Faire des dessins en grand avec 25 pages de paperboard à disposition sans que personne ne dise rien ;
- ‎Aller 25 fois aux toilettes sur le palier parce que c'est trop cool de badger pour rentrer et donc, apprendre à badger ;
- ‎Expérimenter et comprendre que papa a des réunions où il a besoin de se concentrer, vraiment ! Et que je peux me tourner vers un autre adulte si j'ai besoin de quelque chose ;
- ‎Tester mon Nickelodeon junior sur Freebox et expliquer aux développeurs qui sont à côté les fonctionnalités que moi j'aimerais voir, parce que votre truc conçu avec un esprit d'adulte, c'est quand même parfois pas aussi intuitif que ce qu'un enfant aurait proposé ! Comprendre que ce sont eux qui ont fabriqué vraiment l'application... Si, si ! 
- ‎Comprendre ce que les adultes font de leur journée quand ils ne sont pas à la maison (!) ;
- ‎Me sentir à égalité avec des adultes en train de suivre une virtual class sur ElasticSearch (la photo d'illustration) ;
- ‎ Apprendre 2 ou 3 nouveaux tours de magie avec mes nouveaux copains du bureau qui, quand ils me les montrent ou me regardent, ont le même âge que moi.

Pour les adultes (et le papa) :
- Sentir la vie et la liberté circuler au contact de l'insouciance et de la curiosité de l'enfant devant ses nouvelles découvertes ;
- ‎Se reconnecter à la joie simple et inépuisable de faire éclater des bulles d'emballage pendant 53 minutes de suite ;
- ‎S'apaiser dans son travail au contact de la présence de l'enfant intensément concentré sur son coloriage ;
- ‎Sortir de sa torpeur quand les questions les plus pertinentes de la journée arrivent : "Ça sert à quoi ça ?" ; "T'as vu, y'a des piles par terre, on en fait quoi ?" ; "Tu fais quoi devant ton écran ?" ; "On y va quand ?" (Oui il était largement l'heure de partir et toi, petit homme, tu avais la sagesse de le sentir... )
- ‎Rire du rire de l'enfant (simple et toujours efficace) ;
- ‎Se mettre au service de l'enfant quand il demande de l'aide et cultiver son empathie, sans même s'en rendre compte ;

Et bien plus encore... ce n'était qu'une journée, ce n'était pas la première et sûr, on recommencera !

Ce n'était pas l'école, elle était en grève ! Pourtant chacun a appris aujourd'hui, adulte comme enfant, différemment, par l'expérience, par l'observation et par le jeu, parce que la vie nous en offre perpétuellement l'opportunité.

Merci à tous d'avoir accueilli Samuel aujourd'hui et merci à lui de s'être immergé dans notre monde, en attendant que le continuum se réalise entre le sien et celui des adultes.